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7 mai 2024 2 07 /05 /mai /2024 21:40

C’est la providence qui guide les pas de ceux qui mettent leur confiance en Dieu. La Providence, ce n’est évidemment pas quelque chose de magique dans le sens où tous les évènements de la vie s’emboiteraient de manière parfaite et sans couac, pour celui qui cherche à faire la volonté de Dieu. Les échecs et frustrations font partie de la vie. Et pourtant, croire en la Providence, c’est avoir un regard positif sur ce que l’on vit et être plein d’espérance par rapport à ce qui nous attend. Dans un monde où les gens sont facilement tentés par le pessimisme, la nostalgie d’un monde perdu, ou la crainte d’un futur incertain ou sombre, penser que Dieu guide nos pas n’est pas seulement rassurant, c’est aussi une manière de se mobiliser, de s’engager, de s’émerveiller devant l’inconnu.

J’aurai passé 17 ans en Asie, un tiers de ma vie actuelle... Les anciennes générations de missionnaires étaient capables de s’engager à vie dans leur pays de mission. Les temps changent, la mobilité augmente, la flexibilité et l’attrait de la nouveauté sont dans l’ère du temps et ce n’est pas plus mal. Reste que la persévérance dans l’engagement ne peut se faire que lorsqu’on prend le temps d’aller en profondeur dans ses engagements. Je l’avoue, même si mon départ précipité du Vietnam n’était pas souhaitable, partir vers un nouveau pays asiatique, les Philippines, que je ne connaissais pratiquement pas m’a beaucoup plu et ce à bien des égards. Aux Philippines, j’ai découvert un peuple avec beaucoup de joie de vivre, une maitrise de l’anglais qui a énormément facilité les échanges tant pour les choses pratiques de la vie que pour avoir de bonnes et longues conversations. En vivant à Tagaytay, à 500m d’altitude, et à 70 km de Manille, le climat beaucoup plus frais que ce que j’avais enduré les années précédentes, m’a fait beaucoup de bien. Certes, en six mois, mon expérience fut limitée (rien de comparable au Vietnam), mais quel privilège pour un missionnaire de pouvoir toujours côtoyer de près la population locale !

Neuf mois aux Philippines un belle transition pour un adieu (temporaire?) à l'Asie...
Neuf mois aux Philippines un belle transition pour un adieu (temporaire?) à l'Asie...

Les Philippins sont, comme les vietnamiens, des gens sensibles, qui privilégient le relationnel et la solidarité à la planification rationnelle et aux intérêts personnels (positifs ou non), typiques de la société occidentale. Ils sont plus attentistes que les vietnamiens (un peuple extrêmement entreprenant) mais compensent une certaine acceptation de la vie comme elle vient, par le fait de profiter du moment présent, et de le vivre ensemble. En se serrant les coudes, on y arrive toujours…(enfin…souvent !).

En vivant avec les membres des Focolari, j’ai découvert (ou plutôt redécouvert) leur générosité, leur authenticité et leur joie de vivre. Le centre des Focolari de Tagaytay (appelé dans leur jargon ‘Mariapolis’, la ville de Marie) est le lieu d’accueil de milliers de gens, qui viennent chaque année pour un week-end, une semaine, un mois, six mois, une année ou plus. A chaque fois, le mot d’ordre est : « Que nos hôtes se sentent accueillis ! » Accueillir cela veut dire que les aspects pratiques sont rigoureusement soignés (chambre, nourriture, espace vert…), mais aussi que les activités proposées sont à la hauteur des attentes de ceux qui viennent ici. Les Focolari, c’est un mouvement aux racines chrétiennes, où l’on partage ses expériences pour construire un monde meilleur. Plus que des idées, on cherche à montrer comment mettre en pratique la vision d’un monde plus fraternel. Cela passe par des petits gestes : cuisiner, écouter l’autre, s’appeler fréquemment pour savoir comment on va, travailler le relationnel en général, mais aussi par des projets de plus grande envergure : les Focolari gèrent des centres sociaux, organisent des rencontres nationales et internationales avec des gens d’autres religions, offrent des bourses d’études pour des étudiants en difficulté, etc...

Neuf mois aux Philippines un belle transition pour un adieu (temporaire?) à l'Asie...
Neuf mois aux Philippines un belle transition pour un adieu (temporaire?) à l'Asie...
Neuf mois aux Philippines un belle transition pour un adieu (temporaire?) à l'Asie...

Evidemment, tout n’est pas toujours parfait dans ce « petit » monde (une centaine de personnes, quand même !). Les forces vives du mouvement des Focolari diminuent de par le fait que peu de jeunes choisissent la vie consacrée des Focolari. Parfois aussi, cinquante ans après l’érection de la première maison à Tagaytay, certains ont un peu du mal à changer leur manière de travailler. Tous  aimeraient avoir de plus nouvelles têtes qui prendraient les responsabilités et laisseraient à certains déjà présents depuis longtemps la possibilité de changer d’engagement, mais ce n’est pas toujours possible. Certains membres peuvent parfois vivre des difficultés personnelles qui inexorablement, rejaillissent sur la dynamique du groupe. Au milieu de ces hauts et de ces bas, revient toujours la même question : « Nous laissons-nous abattre par les difficultés ou les voyons-nous comme des occasions d’aimer davantage ? » Quand l’autre me déçoit, quand le programme ne correspond pas à mes attentes, quand le planning des activités n’est pas clair ou change subitement, toutes ces difficultés sont l’occasion de prendre sur soi, d’oublier ses intérêts propres et d’accueillir le moment présent et l’autre comme il est, avec une sympathie non feinte, avec générosité et avec joie.

Neuf mois aux Philippines un belle transition pour un adieu (temporaire?) à l'Asie...
Neuf mois aux Philippines un belle transition pour un adieu (temporaire?) à l'Asie...

Je dois dire que plus le temps passait à Tagaytay, plus j’entrais dans cette dynamique de la simplicité, de la flexibilité et de la bonne humeur. Je n’étais pas pressé de partir, mais je savais aussi que ma présence à Tagaytay, loin de ma congrégation (malgré mes visites régulières à la communauté de Manille), ne pouvait qu’être temporaire. Plusieurs options pour la suite de ma vie missionnaire ont été successivement discutées avec ma congrégation. J’étais fort indécis sur une question fondamentale : devais-je, à cinquante ans, rester en Asie et m’engager à nouveau dans une mission locale qui aurait impliqué de me mettre à une nouvelle langue asiatique, de vivre de nouveau en pays tropical, de m’adapter à une nouvelle mentalité locale, ou était-ce mieux de revenir en Europe pour retrouver davantage mes racines et contribuer à l’évangélisation d’une société largement sécularisée ? Finalement, une proposition pour le moins inattendue m’a été faite, venir travailler à Rome dans un nouveau projet de la congrégation. J’ai répondu par la positive, étant donné que cette nouvelle mission correspond à un vrai besoin de ma congrégation et qu’elle me permet de renouer avec l’Europe tout en découvrant un nouveau pays, l’Italie, que je ne connais pas encore. J’ai commencé l’étude de l’italien près de Florence depuis un mois. Avec le Français, le Portugais, l’Espagnol et le Latin, je ne pars pas de zéro, loin de là !  Une nouvelle aventure commence donc, elle aura sûrement son charme et aussi ses défis… Et l’Asie me manque déjà,…mais je regarde droit devant !

Neuf mois aux Philippines un belle transition pour un adieu (temporaire?) à l'Asie...
Neuf mois aux Philippines un belle transition pour un adieu (temporaire?) à l'Asie...
Neuf mois aux Philippines un belle transition pour un adieu (temporaire?) à l'Asie...
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sm vn

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