Missionnaire en Asie de 2007 à 2024, essentiellement au Vietnam, je suis à Rome depuis l'été 2024. Passionné par le Christ et les gens, je suis heureux d'être missionnaire. Missionary in Asia for 17 years until 2024, I now live in Rome. I am happy to serve God and I am in love with people in general.
Septembre 2007- Septembre 2017… Dix ans de mission au Vietnam ! Les mots qui me viennent spontanément à l’esprit sont : reconnaissance, persévérance, apprentissage et espérance. Reconnaissant, je le suis indéniablement envers cette Eglise qui nous accueille, où la foi est ancrée dans le cœur de nombreux chrétiens, y compris celui de nos jeunes en formation. Ils m’impressionnent toujours autant par leur gentillesse et leur promptitude à s’engager dans la vie consacrée. Reconnaissant, je le suis aussi pour cet appel à la vie missionnaire que j’ai reçu il y a près de vingt ans, et qui m’invite chaque jour à aimer en parole et en action. Je suis aussi reconnaissant à tous ceux qui de loin ou de près m’encouragent à être fidèle à ma vie de prêtre et de missionnaire.
La persévérance est d’actualité dans une vie où il y a toujours une faille entre l’idéal et le vécu, les convictions et la pratique. Les incohérences personnelles, communautaires ou ecclésiales pourraient être autant de motifs d’être amer, de perdre ses illusions, de se contenter du minimum. Par la grâce de Dieu, les difficultés sont autant de motifs de s’accrocher, de rester, de persévérer. Cela s’applique aussi à nos jeunes en formation qui en entrant dans notre communauté sont prêts à tout : « J’irai où l’on m’enverra » nous disent-ils en début de parcours, mais lorsque les années passent et que le départ en mission se rapproche (deux ans de stage missionnaire sont au programme après cinq ans de formation au Vietnam, l’envoi en mission pour le long terme lui survient après douze ans de formation.), j’entends des propos tels que « Pourquoi partir au loin, la mission n’existe-t-elle pas aussi au Vietnam ? ». Je ressens encore de l’anxiété dans le cœur de nos jeunes en formation, alors que l’appel à partir au loin est au cœur du charisme de notre congrégation. Si nous, en tant que missionnaires, nous n’osons pas larguer les amarres, qui d’autre que nous le fera ? Persévérer, c’est aussi pour moi ne pas compter les années, accepter de servir là où l’on a besoin de moi aujourd’hui. Le Seigneur nous a dit : « Quand tu fais un don, que ta main droite ignore ce que donne ta main gauche. » (Mt 6,3) ou encore « Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement. » (Mt 10,8) Le temps qui passe est aussi un don de Dieu et non quelque chose qui m’appartient. Combien de temps vais-je encore servir au Vietnam ? Je n’en sais rien, peu importe !
La mission est aussi un apprentissage, une maturation. C’est vrai pour moi qui ai la chance d’être dans la quarantaine, l’âge où l’on est encore bien dans son corps, où l’on est plus libre dans son esprit, plus serein et espérons-le plus généreux aussi. Cet apprentissage, il prend forme aussi dans les jeunes que nous formons et il faut leur laisser le temps de devenir des adultes autonomes, engagés, responsables et heureux de leur choix de vie. Le risque est parfois de ne pas respecter leur rythme ou au contraire de ne pas les laisser prendre progressivement leur autonomie et faire leurs choix personnels, en incarnant le charisme de la congrégation selon leur sensibilité.
A l’approche de Noël, le mot « espérance » fait aussi pleinement sens. Dieu est venu parmi les hommes au sein d’un monde marqué et par le bien et par le mal. Il est venu parce qu’Il a foi en l’homme, parce qu’Il peut le guider vers la vie éternelle, vers l’amour en plénitude. Cette espérance est fondamentale, elle invite à la confiance en l’avenir, un avenir personnel et collectif. L’espérance aujourd’hui est parfois en berne dans le cœur des chrétiens, parce qu’ils ne se sentent pas portés par le milieu ambiant, ou parce qu’ils n’ont pas conscience de leur responsabilité à porter la Bonne Nouvelle à leurs frères et sœurs. Mais quand le Christ est venu sur la terre, il a fait peu de bruit ! Seules quelques personnes ont entendu les cris d’un bébé qui pleurait, et une poignée de bergers ont entendu des anges chanter la gloire de Dieu. La multitude, elle, n’a pas eu conscience que le Sauveur du monde était présent au milieu d’elle. Je pense qu’il nous faut garder cette humble espérance. Saint Pierre nous dit dans sa lettre aux chrétiens : « Le Seigneur ne tarde pas à tenir sa promesse, alors que certains prétendent qu’il a du retard. Au contraire, il prend patience envers vous, car il ne veut pas en laisser quelques-uns se perdre, mais il veut que tous parviennent à la conversion». (1P 3, 9). Que l’on soit au Vietnam, en Europe ou ailleurs, on ne peut que faire confiance à Dieu pour continuer à toucher les cœurs de nos contemporains, pour que eux aussi partagent notre joie de connaitre Dieu et d’être aimés par Lui. Sainte et Joyeuse fête de Noël à tous. Père Fred (cha Hòa)
Désireux de nous soutenir dans notre mission au Vietnam ? Pensez au Compte de Frédéric Rossignol chez BNP Paribas Fortis. BIC : GEBABEBB IBAN : BE59 0014 7732 2326