Missionnaire en Asie de 2007 à 2024, essentiellement au Vietnam, je suis à Rome depuis l'été 2024. Passionné par le Christ et les gens, je suis heureux d'être missionnaire. Missionary in Asia for 17 years until 2024, I now live in Rome. I am happy to serve God and I am in love with people in general.
Treize ans d’ordination, ça commence à compter. Ce qui me réjouit dans la vie de prêtre? Beaucoup de choses. La première, c’est évidemment l’amitié que je me dois d’entretenir avec Dieu, chaque jour, avec plus ou moins de profondeur, au gré des joies et des peines et frusrations de la vie. Savoir que Dieu est là en toute circonstance et avoir comme mission d’annoncer qu’Il nous aime, il n’y a pas de ‘’métier’’ plus beau que celui-là. Ce qui m’impressionne aussi, c’est la Sagesse de l’Eglise, le fait qu’elle ne cesse de parler de ce qu’est vraiment l’Amour, à savoir le don de soi, lié à la croix, à la vérité, à l’humilité, à la joie. Je n’ai encore rencontré personne qui parle d’Amour avec tant de profondeur que le Christ dans l’Evangile et à sa suite dans les textes de l’Eglise tout au long de son histoire jusqu’à aujourd’hui, agrémentés de l’exemple des Saints d’hier et d’aujourd’hui. La pastorale me passionne également, rencontrer les gens et les accompagner dans les célébrations de l’Eucharistie, du baptême, du mariage, de la confession, de tous les sacrements, quelle joie ! Ce qui m’essoufle parfois ou souvent ? En premier, le manque de cohérence entre mes convictions, mon idéal et ma manière de vivre avec cette question essentielle, suis-je vraiment un homme plus fidèle et plus généreux aujourd’hui qu’hier et moins que demain ? Je n’en suis pas si sûr. Je l’espère. La vie consacrée est belle mais exigeante et ces exigences ne sont pas toujours accueillies par moi avec autant de sérieux et d’engagement personnel que je ne le devrais.
Au niveau spiritain, j’ai souvent été déçu du manque de dialogue, d’attention, de l’absence de travail en commun qui se vit dans les communautés où j’ai vécu. L’individualisme est très marqué et je ne suis malheureusement pas en reste. On a parfois l’impression que tout le monde trouve réconfort à l’extérieur de la communauté alors que les confrères devraient s’édifier et s’entraider avant tout. Je me pose des questions sur mon retour éventuel au Vietnam et je n’ai toujours pas reçu de réponses à mes questions. On se contente de me dire : on t’attend là-bas dans quelques mois, sans plus. Il n’y a pas de plan sur le long terme concernant la formation des jeunes confrères spiritains. Je continue de croire à la vie spiritaine, d’apprendre à regarder mes frères comme un don de Dieu mais dans la pratique, j’ai parfois du mal à mettre en pratique mon idéal et je sais que pour mes frères, m’accepter avec mes limites et mon péché est aussi un sacré défi.
Comme prêtre, je suis souvent choqué par les critiques que les gens qui vivent loin de l’Eglise, qui ne s’y investissent jamais, se permettent de faire avec une légèreté qui est souvent indécente, superficielle et qui ne montre qu’une chose, que les gens ne connaissent pas l’Eglise et les trésors qu’elle renferme. Des gens auxquels je tiens n’ont jamais montré le moindre encouragement pour ce que je vis, pour ma vie de consacré à Dieu et aux hommes. Heureusement, je rencontre des milliers d’hommes et de femmes qui me disent que ma vie a du sens pour eux et en voyant la leur, je me dis, quelle joie pour nous de connaitre le Christ. Je termine par une blague un peu scabreuse. On dit que les prêtres devraient fêter leurs 12,5 ans de vie consacrée parce qu’ils ne sont pas sûr d’arriver aux 25. Je demande vos prières sincères et régulières pour que la fidélité puisse s’ancrer de jour en jour dans ma vie pour que dans 12 ans, je puisse continuer à dire : oui, la vie de consacré à Dieu en vaut la peine, oui je suis fier et heureux d’être prêtre.
joie de donner une retraite sur l'Esprit Saint en Espagnol avec un groupe si joyeux, ''radio carisma".