Missionnaire en Asie de 2007 à 2024, essentiellement au Vietnam, je suis à Rome depuis l'été 2024. Passionné par le Christ et les gens, je suis heureux d'être missionnaire. Missionary in Asia for 17 years until 2024, I now live in Rome. I am happy to serve God and I am in love with people in general.
Chers parents, amis et confrères, Le 13 mai 2008

Ce dimanche, l’Eglise du monde entier a fêté la fête de la Pentecôte, la descente de l’Esprit d’amour de Dieu sur les premiers chrétiens. C’est aussi la fête patronale de ma congrégation.
AU SEMINAIRE DE CAN THO,
LE JOUR DE L'INSTITUTION AU LECTORAT ET A L'ACOLYTHAT.
Cette année, tout se décline en « première fois » et donc c’est la première fois que j’ai fêté la Pentecôte au Vietnam. Bien qu’uni par le cœur à mes deux confrères de ma communauté de Saigon, je n’étais pas avec eux ce jour-là. Cela fait en effet deux semaines que je réside temporairement à Can Tho, une ville à 250 km au Sud de Saigon, plus précisément au Séminaire diocésain de Can Tho. J’ai demandé à pouvoir passer trois semaines dans ce séminaire, afin d’améliorer mon niveau de Vietnamien. En communauté à Saigon, nous parlons la plupart du temps en anglais, et donc être présentement dans un bain linguistique cent pour cent vietnamien me fait le plus grand bien ! C’est aussi l’occasion d’observer de près la vie d’un séminaire vietnamien. Ici vivent à peu près deux cents séminaristes venus de trois diocèses. Les vocations sont nombreuses au Vietnam et pouvoir être admis au séminaire est le fruit d’un long processus de discernement. Les candidats doivent avoir un diplôme d’études supérieures avant d’être acceptés. Ils auront encore comme c’est le cas dans tout séminaire, deux ans de philosophie, un an de stage en paroisse et quatre ans de théologie. Ici, être ordonné à 30 ans, c’est le signe d’ « une vocation précoce » !
EXCURSION AVEC LES SEMINARISTES DE DERNIERE ANNEE A CA MAU, A L'EXTREME SUD DU VIETNAM...
Une région de toute beauté, au milieu des cours d'eau omniprésents... Sur place, nous voyageons en bateau d'une paroisse à l'autre.






Ce qui me frappe dans ce séminaire, c’est la simplicité du rythme de vie, la serviabilité et la joie de vivre des prêtres et des séminaristes. Le lever est plutôt matinal, 4h45 ! Dur, dur… Après la messe succède un temps de méditation personnelle, le petit déjeûner à 6h45, suivi des cours. L’après-midi, à 16h15, c’est l’heure de sport : volley, football, jeux typique du Vietnam,… Moi qui révise mes cours de vietnamien (ou qui regarde TV5, c’est selon…), j’entends régulièrement des éclats de rire. Il fait bon vivre au séminaire ! Aux repas et temps de récréation, c’est toujours la même sympathique curiosité et gentillesse que me témoignent les prêtres et séminaristes. Les prêtres parlent très bien le Français et l’Anglais. Mais j’ai aussi l’occasion de parler en vietnamien. Je me sens toujours très limité du point de vue du vocabulaire et de la compréhension. Si une conversation à deux est possible, par contre, je suis incapable de suivre une homélie ou une conversation entre vietnamiens. Patience, patience… Le chant et la prière font intégralement partie du quotidien. En semaine, le séminaire est un monde plutôt clos sur lui-même. Ici, le règlement pour les séminaristes, c’est pas de portable et l’usage d’internet et de la télévision sont limités. Cette austérité m’interpelle un peu, me choque peut-être mais en fin du compte, je crois qu’elle contribue solidement à la formation de jeunes prêtres épanouis et prêts à assumer la difficile mission d’être pasteurs dans une Eglise très dynamique, très fréquentée.
ACCUEILLIS PAR LE CURE DE LA PAROISSE...
EH OUI, EN CHASUBLE, CA VOUS DERANGE???
AU MOINS, ON LES RECONNAIT FACILEMENT !
Dans une semaine, je retournerai à Saigon, heureux d’y retrouver ma communauté. Dans les jours qui suivent, j’aurai la joie de célébrer trois baptêmes en français. Je suis en effet de plus en plus sollicité à la paroisse francophone de la ville. J’y concélèbre ou préside la messe chaque dimanche. Au nivau de la communauté, nous organiserons dans quinze jours le deuxième w-e de formation pour les candidats à la vie spiritaine. Dans la foulée, en septembre, onze jeunes commenceront à étudier à plein temps l’anglais, une condition sine qua non pour pouvoir débuter la formation spiritaine. A l’avenir, nous comptons en effet envoyer nos candidats (après la philosophie) faire leur noviciat et leur théologie aux Philippines, avec les candidats philippins. Les cours seront alors donnés en anglais.
MARIE VEILLE SUR TOUS CES ENFANTS...
Comme vous pouvez le deviner à travers ces quelques lignes, nous sommes plein d’enthousiasme ; il y a encore beaucoup de points d’interrogations sur la manière dont notre mission évoluera au long des mois et des années à venir mais l’Esprit Saint nous guide et chaque jour est une occasion de s’émerveiller devant le dynamisme de la société vietnamienne et en particulier la vitalité de l’Eglise.
Ma communauté et moi-même vous souhaitons beaucoup de joie dans l’Esprit Saint.
Frédéric et ses deux confrères, Patrick et Trinh.