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Missionnaire en Asie de 2007 à 2024, essentiellement au Vietnam, je suis à Rome depuis l'été 2024. Passionné par le Christ et les gens, je suis heureux d'être missionnaire. Missionary in Asia for 17 years until 2024, I now live in Rome. I am happy to serve God and I am in love with people in general.

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il y a un temps pour travailler et un temps pour se reposer...

Saigon, le 18 août 2009.

Chers parents, confrères, chers amis et amies,


En vivant au Vietnam, j'ai découvert que si le mot "Vacances" existe bien dans la langue vietnamienne, dans la pratique, c'est une réalité assez éloignée des préoccupations des gens. En général, les vietnamiens ont entre quatre et dix jours de vacances par an, qu'ils prennent au Nouvel An, date à laquelle, ils font le tour de la famille. Je reviens d'une visite chez l'Evêque de Hanoi qui me disait n'avoir encore jamais visité la Baie d'Halong, qui est pourtant un des sites touristiques les plus fameux du Vietnam, à quelques dizaines de kilomètres seulement de Hanoi. Quand les vietnamiens ont une après-midi de libre, ils aiment se réunir autour d'une table, manger et papoter toute l'après-midi. Bien différente est la situation des membres de notre congrégation qui peuvent prendre des vacances à un rythme d'un mois par an, souvent cumulées pour limiter les frais de voyage. Etant depuis deux ans au Vietnam, j'avais donc "droit" à deux mois de vacances en Belgique.

 

Au moment de rentrer au pays, les vietnamiens qui sont d'une générosité extraordinaire, m'ont offert toutes sortes de cadeaux pour ma famille, des pulls et écharpe en laine tricotés à la main, des nappes brodées, un tableau. J'ai moi-même acheté quelques icônes et céramiques. Quand on ne revient que tous les deux ans, la valise est plutôt chargée! A l'arrivée, après 30 heures de voyages (j'ai pris le trajet le moins rapide, certes, mais aussi le meilleur marché!), j'étais heureux de retrouver les miens, en particulier mes parents et frères et soeurs et mes neveux et nièces.


 



Heureux de retrouver mes parents, en bonne santé. Pour l'occasion, malgré la température estivale, ils ont revêtu les pulls en laine, made in Vietnam (qui viennent de la région des montagnes...)

Ci-dessus, un air de famille..., ma soeur et moi !









Mon séjour s'est agréablement divisé entre vacances en famille, retraites et réunions avec mes confrères spiritains, et participations à diverses célébrations. 


Baptême de Louis chez Jean et Céline Martin, des amis de longue date.


 Pendant ces deux mois, j'ai eu notamment à coeur de connaître les communautés vietnamiennes expatriées en Europe. J'ai pu célébrer plusieurs messes en vietnamien, à Bruxelles (à l'Eglise des Carmes) et à Paris. J'avais deux amies vietnamiennes que je connais du Vietnam de passage en Belgique qui sont restées cinq jours chez mes parents. C'était une manière concrète et vivante de partager ce que je vis au Vietnam. Pendant cinq jours, les conversations oscillaient entre le vietnamien et le français et la cuisine était envahie par de bonnes odeurs de l'Orient. Mes deux amies nous ont mijoté de succulents plats vietnamiens!

 

Visite de Trang et Quynh, deux amies vietnamiennes venues faire du tourisme en Europe.

Ce que j'ai le plus apprécié durant ces vacances, c'était le fait de ne pas avoir l'impression de courir sans cesse à gauche et à droite en essayant de revoir à tout prix tout le monde, ou de faire un maximum de choses. J'ai revu pas mal de gens, certes, et j'ai été en pas mal d'endroits mais souvent pour des séjours d'une semaine environ. Peut-être est-ce là la sagesse de bonnes vacances: un temps pour se retrouver avec soi-même et avec les autres. En tant qu'expatrié, c'était aussi un temps privilégié pour redécouvrir la beauté de mon pays, de ma culture, pour bouquiner, converser dans ma langue maternelle...

 

Je suis maintenant de nouveau au Vietnam pour deux nouvelles années, conscient que ces deux années seront un nouveau défi. Avec le temps, je découvre qu'il me faut apprendre à rester, à demeurer, dans tous les sens du terme. Fidélité à ma vocation, désir d'approfondir ma connaissance de la langue et de la culture vietnamienne. Dans un monde où l'on saute facilement d'une chose à l'autre, il faut parfois du courage pour oser la stabilité. Comme dit l'Evêque de Saigon, c'est la persévérance qui donne de la valeur à ce que nous faisons. Prêtre depuis quatre ans, je me sens encore fragile dans ma manière de vivre à fond les défis du quotidien, mais je sais que amis proches et lointains me soutiennent par leur prière et/ou leur amitié, et j'aime à méditer cette maxime inscrite sur le mur de ma chambre: "Dieu aime celui qui donne avec joie". Elle me rappelle le sens premier de ma vie missionnaire: témoigner de la joie de connaître Dieu et d'être aimé par Lui.

 

Je termine ce courrier en souhaitant de bonnes vacances à ceux qui en ont encore et bon retour dans le quotidien à ceux qui reprennent le travail !

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