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19 mars 2021 5 19 /03 /mars /2021 09:47

La pandémie est présente dans toutes les conversations. Elle touche les personnes âgées, les étudiants, les travailleurs, les professionnels de la santé et aussi les personnes vivant à l'étranger. Ce monde d'expatriés, les missionnaires le connaissent bien, pour en faire partie. De nombreux expatriés, en fonction de leurs ressources financières et de la proximité de leur pays d'origine, avaient l'habitude de rentrer régulièrement chez eux. Si, dans les années 1950, les missionnaires revenaient au pays tous les cinq ou dix ans, aujourd'hui ils y reviennent chaque année , ou tous les deux ou trois ans, selon les règles de leur communauté. Au début de ma mission au Vietnam, en 2007, je rentrais chez moi tous les deux ans. J'aimais ce rythme, profitant de mes vacances d'été au Vietnam tous les deux ans et l'autre été en Belgique chez mes parents. Il y a cinq ans, j'ai été nommé maître des novices et j'ai commencé à rentrer chez moi chaque année.

Maman a débuté sa nouvelle mission au Ciel.
Maman a débuté sa nouvelle mission au Ciel.

Il y a trois ans, on a diagnostiqué une tumeur au poumon chez ma mère. Petit à petit, elle s'est affaiblie. À la Pentecôte 2019, j'ai pris un mois de vacances à la maison. J'ai fait quelques petites sorties avec ma mère, dont une visite aux serres royales en fleurs. J'ai quitté mes parents à la fin de mes vacances le cœur lourd, en pensant que je ne reverrais jamais ma mère. Un matin de novembre 2019, j'ai reçu un appel d'urgence de ma famille. Ma mère était dans le coma. 24 heures plus tard, j'étais dans sa chambre d'hôpital, écoutant sa respiration irrégulière. Cependant, deux jours plus tard, grâce aux médicaments, ma mère allait beaucoup mieux. J'ai ensuite passé trois belles semaines entre l'hôpital et la maison, vivant une profonde intimité avec ma mère, et m'occupant également de mon père. Cependant, mon travail de formateur au Vietnam m'attendait et j'ai dû leur dire au revoir et verser à nouveau des larmes. Pendant un an, j'ai appelé régulièrement, mais progressivement, les conversations téléphoniques sont devenues de plus en plus courtes. Ma mère était épuisée. Elle est finalement décédée le 9 janvier 2021, quelques heures après être tombée dans le coma.

Maman a débuté sa nouvelle mission au Ciel.
Maman a débuté sa nouvelle mission au Ciel.

Je savais depuis longtemps que, l'espace aérien étant fermé, il ne me serait pas possible de revenir du Vietnam pour dire au revoir à ma mère et célébrer ses funérailles. Dans ma vie de missionnaire, j'avais déjà été absent aux funérailles de mon grand-père (j'étais en Chine) et de mes deux grands-mères (j'étudiais au Portugal). Paradoxalement, au décès de maman, malgré la distance, j'ai vécu une semaine de deuil très prenante et très belle. Bien que je sois loin de chez moi, j'ai reçu de nombreux messages d'amitié par e-mail, par FB ou par téléphone. En communauté, mes novices m'ont immédiatement suggéré d'imprimer une belle photo de ma mère et de la placer dans la chapelle avec des fleurs et de l'encens. Nous avons prié tous les jours pour le repos de ma mère et pour ma famille. J'ai aussi écrit trois homélies pour maman. L'un d'eux était l'homélie aux funérailles de maman, qui a été enregistrée sur vidéo pour les membres de ma famille. J'ai également célébré deux messes commémoratives pour elle, l'une en vietnamien, l'autre en français, en présence de nombreux amis. J'ai eu ma famille au téléphone pendant toute la semaine de deuil et ils ont, à leur tour, enregistré la vidéo des funérailles que j'ai pu voir sur le web.

Maman a débuté sa nouvelle mission au Ciel.
Maman a débuté sa nouvelle mission au Ciel.

Plus que tout, ce qui me rend heureux aujourd'hui, c'est de savoir que ma mère suit ma mission au Vietnam depuis le ciel. Elle en connaît maintenant tous les détails, les joies et les peines. La seule chose qui m'attriste est que je ne peux pas accompagner mon père dans son deuil. Aujourd'hui, je me sens en paix et, bien que la présence physique auprès des nôtres soit essentielle, le plus important, en fin de compte, est l'amour que nous avons pour eux et qu'ils ont pour nous. Tous ces moments passés avec maman pendant 48 ans (dont neuf mois bien au chaud...) resteront toujours dans ma mémoire. Je terminerai par une anecdote. Il y a deux ans, alors que ma mère était déjà malade, je lui ai dit : "Je suis triste, tu es malade et au lieu de rester en Belgique, je m'en vais". Elle a répondu : "Je suis heureuse, tu es un missionnaire et il est de ton devoir de poursuivre ta mission". Alors, Maman, bonne mission au ciel à partir de maintenant !

Maman a débuté sa nouvelle mission au Ciel.
Maman a débuté sa nouvelle mission au Ciel.
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19 mars 2021 5 19 /03 /mars /2021 09:27

The pandemic is in every conversation. It affects the elderly, students, workers, health professionals and also people living abroad. Missionaries know this world of expatriates well, as they are part of it. Many expatriates, depending on their financial resources and the proximity of their country of origin, used to return home regularly. While in the 1950s missionaries returned home every five or ten years, today they return every year, or every two or three years, depending on the rules of their community. At the beginning of my mission in Vietnam, in 2007, I used to return home every two years. I liked this rhythm, enjoying my summer holidays in Vietnam every two years and the other summer in Belgium with my parents. Five years ago, I was appointed novice master and started going home every year.

My mother started her final mission in Heaven...
My mother started her final mission in Heaven...

Three years ago my mother was diagnosed with a lung tumour. Gradually, she became weaker. At Summer 2019, I took a month's holiday at home. I went on a few small outings with my mother, including a visit to the Royal Greenhouses in bloom. I left my parents at the end of my holiday with a heavy heart, thinking that I would never see my mother again. One morning in November 2019, I received an emergency call from my family. My mother was in a coma. 24 hours later, I was in her hospital room, listening to her irregular breathing. However, two days later, thanks to the medication, my mother was much better. I then spent three beautiful weeks between hospital and home, living in deep intimacy with my mother, and also looking after my father. However, my job as a formator in Vietnam was waiting for me and I had to say goodbye and shed tears again. For a year I called regularly, but gradually the phone conversations became shorter and shorter. My mother was exhausted. She finally died on 9 January 2021, a few hours after falling into a coma.

My mother started her final mission in Heaven...
My mother started her final mission in Heaven...

I had known for a long time that, with the airspace closed, it would not be possible for me to return from Vietnam to say goodbye to my mother and celebrate her funeral. In my missionary life, I had already been absent from the funerals of my grandfather (I was in China) and my two grandmothers (I was studying in Portugal). When my mother passed away, despite the distance, I actually experienced a very emotional and beautiful week of mourning. Although I was far from home, I received many messages of friendship by e-mail, by FB or by phone. In community, my novices immediately suggested me to print a beautiful picture of my mother and place it in the chapel with flowers and incense. We prayed every day for my mother's rest and for my family. I also wrote three homilies for my mother. One of them was the homily at Mom's funeral, which was videotaped for my family members. I also celebrated two memorial masses for her, one in Vietnamese and one in French, with many friends in attendance. I had my family on the phone throughout the week of mourning and they, in turn, recorded the video of the funeral which I was able to see on the web.

My mother started her final mission in Heaven...
My mother started her final mission in Heaven...
My mother started her final mission in Heaven...

More than anything, what makes me happy today is knowing that my mother is following my mission in Vietnam from heaven. She now knows all the details, the joys and sorrows. The only thing that saddens me is that I cannot accompany my father in his mourning. Today I feel at peace and, although the physical presence of our family is essential, the most important thing, in the end, is the love we have for them and they have for us. All those moments spent with Mum over 48 years (nine months of which were spent in the warmth...) will always remain in my memory. I will end with an anecdote. Two years ago, when my mother was already ill, I said to her: "I am sad, you are ill and instead of staying in Belgium, I am leaving". She answered: "I am happy, you are a missionary and it is your duty to continue your mission". So, Mother, have a good mission in heaven from now on!

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16 décembre 2020 3 16 /12 /décembre /2020 13:54

Chers confrères, parents et amis,                              Vietnam, décembre 2020.

Dix mille kilomètres me séparent de l’Europe et à l’heure du covid, la vie quotidienne au Vietnam est effectivement à mille lieues de la tragédie qui se vit dans le monde occidental. Au moment où je vous écris (à quelques jours de Noel), je viens de célébrer la messe des enfants dans une Eglise pleine à craquer ; il y avait bien mille personnes réunies.

Quelle chance de pouvoir  fêter Noël au Vietnam en 2020.

Le Vietnam combine deux atouts pour faire face au covid. D’une part, les gens sont naturellement plus enclins à limiter par eux-mêmes leurs sorties lorsqu’un danger supposé ou réel voit le jour. D’autre part, le gouvernement ne lésine pas sur la discipline. Aux premiers indices de contamination, il y a quatre mois de cela, il n’a pas hésité à mettre un million de personnes en quarantaine pour trois semaines avec interdiction de sortir de chez soi… et ça marche puisque à l’heure actuelle, il n’y a aucun cas déclaré sur le territoire mis à part les gens qui reviennent de l’Etranger et qui sont mis en quarantaine stricte dans des hôtels pour deux ou trois semaines. Et puisqu’il faut rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu, j’ajoute que des millions de chrétiens prient aussi constamment pour que Dieu les protège, leur famille et leur pays et évidemment pour que la pandémie cesse de faire des ravages sanitaires, économiques et affectifs dans le monde entier.

Quelle chance de pouvoir  fêter Noël au Vietnam en 2020.
Quelle chance de pouvoir  fêter Noël au Vietnam en 2020.

Noel est à nos portes et nous avons la chance,ici, de préparer cette fête dans la joie. La fête de Noel nous rappelle d’ailleurs ce mélange étonnant de joie et de tristesse qui habitait le cœur de Dieu et celui des croyants. Le sauveur du monde est là, une nouvelle incroyable, inimaginable mais bien réelle, mais une nouvelle qui prend place dans la quasi indifférence générale. Les temps n’ont pas beaucoup changé... Pour beaucoup de nos contemporains, Noel n’a rien de spirituel, il est une fête familiale, comme on fête le nouvel an ou un barbecue en été.

Quelle chance de pouvoir  fêter Noël au Vietnam en 2020.
Quelle chance de pouvoir  fêter Noël au Vietnam en 2020.

Pour ma part, je me réjouis de pouvoir continuer à être nourri par l’enthousiasme des chrétiens du Vietnam. Certes, après treize ans au Vietnam, il n’y a plus beaucoup d’expériences nouvelles, l’exotisme n’est plus de mise, je suis en terrain connu et parfois j’aspirerais à retrouver le gout de l’aventure et à repartir vers de nouveaux horizons, mais je me dis que c’est toujours dans le moment présent que Dieu nous rejoint. J’apprécie la gentillesse, la générosité et la fidélité des frères que j’accompagne sur le chemin de leur vocation. Je suis reconnaissant aux sœurs qui m’accueillent trois fois par semaine pour la messe chez elle. Je suis très touché de la générosité des vietnamiens qui ont le cœur sur la main. Je suis, avant tout, reconnaissant à Dieu pour sa fidélité et le fait qu’il donne du sens à ma vie jour après jour. Je sais que tout en ayant mes imperfections, mon péché, et mon manque de maturité comme c’est le propre de tout être humain, malgré tout Dieu me dit merci pour ce que je vis avec Lui et avec les Vietnamiens depuis tant d’années.

Quelle chance de pouvoir  fêter Noël au Vietnam en 2020.

En ce temps d’immobilisme forcé du au covid, je vous souhaite de cultiver votre intériorité et de donner encore plus de sens à vos petits gestes du quotidien pour que vous puissiez dans quelques mois vous dire : « Cette drôle de guerre a été dure, mais j’ai voulu la vivre avec le plus de paix possible, elle m’a fait me tourner vers d’autres personnes plus vulnérables que moi… »   Amitié et Joyeux Noel, père Fred.

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16 décembre 2020 3 16 /12 /décembre /2020 13:37

Dear colleagues, relatives and friends,                      Vietnam, December 2020.

Ten thousand kilometers separate me from Europe, and at the time of the covid, daily life in Vietnam is indeed a thousand miles away from the tragedy being experienced in the Western world. As I write to you (a few days before Christmas), I have just celebrated the children's mass in a crowed church; there were a thousand people present.

What a privilege to celebrate Christmas in Vietnam in 2020.

Vietnam combines two advantages to face the covid. On the one hand, people are naturally more inclined to limit their outings by themselves when a supposed or real danger arises. On the other hand, the government does not skimp on discipline. At the first signs of contamination, four months ago, it did not hesitate to quarantine a million people for three weeks and forbid them to leave their homes... and it works, since at the present time there are no reported cases on the territory, except some people returning from abroad who are placed in strict quarantine in hotels for two or three weeks. And since it is necessary to give back to Caesar what is Caesar's and to God what is God's, I add that millions of Vietnamese Christians are also constantly praying for God's protection for them, their families and their country and of course for the pandemic to stop causing health, economic and emotional devastation throughout the world.

What a privilege to celebrate Christmas in Vietnam in 2020.
What a privilege to celebrate Christmas in Vietnam in 2020.

Christmas is about to be celebrated and in Vietnam, we are lucky enough to be able to prepare it in a joyful mood. The feast of Christmas reminds us of the amazing mixture of joy and sadness that inhabit the hearts of God and his believers. The savior of the world is here, an incredible news, unimaginable but very real, but a news that takes place in the almost general indifference. Times have not changed much... For many of our contemporaries, Christmas has nothing to do with spiritual life, it is just a family celebration, similar to New Year's Eve or a summer barbecue.

What a privilege to celebrate Christmas in Vietnam in 2020.

Personally, I am delighted to be able to continue to be nourished by the enthusiasm of the Christians of Vietnam. Of course, after thirteen years in Vietnam, there are not many new experiences, exoticism is no longer part of my missionary life since I am in familiar environment. Sometimes I wished I could engage in a new adventure and to set out again towards new horizons, but I know that it is always in the present moment that God joins us. I appreciate the kindness, generosity and fidelity of the brothers whom I accompany on the path of their vocation. I am grateful to the sisters who welcome me three times a week to say mass in their community. I am very touched by the generosity of the Vietnamese who have their hearts on their hands. Above all, I am grateful to God for his fidelity and the fact that he gives meaning to my life day after day. I know that while I have my imperfections, my sin, and my lack of maturity as it is proper to every human being, nevertheless, God thank me for what I have been living with Him and with the Vietnamese for so many years.

What a privilege to celebrate Christmas in Vietnam in 2020.
What a privilege to celebrate Christmas in Vietnam in 2020.

In this time of forced immobility due to the pandemic, I wish you to cultivate your interiority and to give even more meaning to your small daily gestures, so that in a narrow or remote future, you will be able to say to yourselves: "This strange war has been hard, but I wanted to live it with as much peace as possible, it made me turn to other people who are more vulnerable than I am...".   Merry Christmas, with love, Father Fred.

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15 décembre 2020 2 15 /12 /décembre /2020 10:10

Entre deux noviciats où la vie, faut-il le dire, est souvent un peu trop sédentaire à mon gout, je me suis offert un voyage en sac à dos avec un mixte bus et marche à pied. J’avais prévu de faire près de 3000 km aller-retour en trois semaines, de Saigon à Vinh, en visitant une dizaines de familles de nos frères sur le trajet. Mon périple a été interrompu brusquement à mi-parcours par une irruption d’une quarantaine de cas de covid dans une des villes où j’avais passé une nuit… La pandémie ravive rapidement les peurs les plus primaires et je me suis rendu compte très vite que l’ambiance s’était modifiée en quelques heures seulement. Habitué à attirer l’attention bienveillante des Vietnamiens, je devenais tout à coup un potentiel ‘’super-contaminateur’’ même si objectivement je n’ai jamais été en contact avec qui que ce soit de contaminé. Il est intéressant de voir qu’en période de crise, on reste un étranger quelque soit le nombre d’années passées dans un pays... Comme je ne voulais pas créer l’émoi autour de ma personne, j’ai décidé de prendre un avion et de revenir à Saigon le plus rapidement possible. Je me suis même mis moi-même en quarantaine à la maison à mon retour, plus par respect pour mon entourage que par crainte d’être réellement contaminé. Ce faisant, j’ai suivi le bon exemple de millions de Vietnamiens qui préfèrent prévenir que guérir et, à l’expérience, ils ont bien raison… Les quelques cas de covid au Vietnam ont été maitrisé en quelques semaines de quarantaine stricte des quartiers ou villes concernés et à l’heure actuelle, nous jouissons d’une liberté de mouvement qu’une infime poignée de pays dans le monde peut revendiquer.

Etranger, pour le meilleur et le moins bon, particulièrement en ce temps de pandémie.   (Vietnam, Courant du mois de Juillet 2020.)

Ce voyage, bien qu’écourté, m’a quand même permis de faire de belles rencontres. J’ai visité la famille d’un de nos frères qui est des minorités K’Ho. Ils vivent de l’agriculture et ne sont pas riches mais ils sont très soudés et ont une cohésion sociale qui s’est perdue depuis longtemps dans bien des endroits, y compris là où j’habite. Ils parlent une langue locale mais la plupart s’expriment dans un vietnamien souvent bien plus clair que bien de leurs compatriotes pour qui le vietnamien est la langue maternelle.

visite dans la famille de K'Suoi de la minorité de K'Ho à Di Linh.
visite dans la famille de K'Suoi de la minorité de K'Ho à Di Linh.visite dans la famille de K'Suoi de la minorité de K'Ho à Di Linh.
visite dans la famille de K'Suoi de la minorité de K'Ho à Di Linh.

visite dans la famille de K'Suoi de la minorité de K'Ho à Di Linh.

À Nha Trang, j’ai pu aussi visiter la famille de Hương qui m’a accompagné une bonne partie de mon voyage. Sa famille est pêcheur. Ses parents partent pêcher la nuit dans une baie ; ils reviennent vers trois heures du matin. Quelque jours plus tard j’étais dans une autre famille de pêcheurs, dans le village de Con Se, où habite la famille d’un autre de nos frères, Phuc. Le métier de pêcheur est  dur et la jeune génération fait souvent le choix de quitter le village pour aller chercher un travail en ville. Mais quand on voit les conditions de vie des migrants en ville, on se demande si la vie pourtant dure à la campagne n’est pas de loin préférable aux conditions de vie en milieu urbain.

Dans la famille de Hương à Nha Trang
Dans la famille de Hương à Nha Trang
Dans la famille de Hương à Nha Trang

Dans la famille de Hương à Nha Trang

Faites confiance au pilote... (au village de Phúc)Faites confiance au pilote... (au village de Phúc)
Faites confiance au pilote... (au village de Phúc)Faites confiance au pilote... (au village de Phúc)Faites confiance au pilote... (au village de Phúc)

Faites confiance au pilote... (au village de Phúc)

La mer est mangeuse d'homme, en 2012, quatorze hommes y ont perdu la vie, dont deux jeunes de 16 ans...

La mer est mangeuse d'homme, en 2012, quatorze hommes y ont perdu la vie, dont deux jeunes de 16 ans...

Durant mon voyage, avec Hương, nous avons aussi passé quatre jours à Hué où nous avons rencontré les 250 enfants parrainés par les bienfaiteurs de la Congrégation du Saint Esprit. Nous avons terminé abruptement notre périple par la visite d’un frère à la ville de Dong Khoi où nous avons été reçu par le frère de Chất qui travaille dans une entreprise florissante de construction civile. Il nous a aidé à réserver notre billet d’avion pour rentrer à Saigon afin de rester confinés le temps que l’orage passe…

Dans la famille de Chất à Đông Khoi.
Dans la famille de Chất à Đông Khoi.
Dans la famille de Chất à Đông Khoi.

Dans la famille de Chất à Đông Khoi.

Même si je n’ai fait que la moitié du périple initialement prévu, je garde un excellent souvenir des visites aux familles et des paysages admirés sur la route. Je suis toujours impressionné par la simplicité et l’accueil chaleureux que me font les gens. Certes, je n’ai pas une maitrise absolue du Vietnamien et donc les conversations à bâton rompu en vietnamien restent un rêve inaccessible la plupart du temps, mais avec la connaissance que j’ai de la langue et le fait que les gens m’accueillent comme un prêtre, avec tout le respect et la joie que cela représente pour eux, je me sens comblé par ses rencontres. Pour le moment, je fais comme tout un chacun, je mets un frein à mes périples en espérant pouvoir en refaire un pour le Nouvel An Vietnamien qui aura lieu le 12 février 2021…

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7 mai 2020 4 07 /05 /mai /2020 04:09
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10 février 2020 1 10 /02 /février /2020 13:47

As a Spiritan (member of the Congregation of the Holy Spirit), it is my duty and my joy to to make the Holy Spirit known in our Church in which many people know better who Jesus is or who his Father is. The Holy Spirit, indeed, remains for many people Someone mysterious. Yet there is much to be said about his presence in the Church. He is the source of Wisdom; He helps us to make choices, makes us courageous in difficulties, teaches us to say no to what is not God's will, makes us strong to love... I have already given retreats many times on the Holy Spirit. This time it was with my six novices that we had this theme during the retreat I gave them at the Salesians' house in K'Long. The place was beautiful and the climate very pleasant.

The feast of Tết celebrated nicely, despite the terrible news from our big neighbour, China.
The feast of Tết celebrated nicely, despite the terrible news from our big neighbour, China.
The feast of Tết celebrated nicely, despite the terrible news from our big neighbour, China.

After this spiritual break, we celebrated the New Year in a meaningful way by visiting two of the families of the novices in Dalat and Nha Trang as well as other communities and families along the way, along the coast from Nha Trang to Saigon via Vung Tau. Eight days of visiting in the joy and good humour so typical of the Vietnamese. We were still watching the news coming from China but being with the locals rather than the tourists, we were not overly stressed.

 

The feast of Tết celebrated nicely, despite the terrible news from our big neighbour, China.
The feast of Tết celebrated nicely, despite the terrible news from our big neighbour, China.
The feast of Tết celebrated nicely, despite the terrible news from our big neighbour, China.
The feast of Tết celebrated nicely, despite the terrible news from our big neighbour, China.

As I write, on the 14th day of the new year, the situation still seems to be objectively under control but people are already much more stressed than before, especially in Saigon (45km away from us), where restaurants, department stores, the airport and other usually busy places are deserted. The city is running at, say, 40% of its usual pace. The schools and universities that were supposed to resume after the Tet holidays a week ago are still closed for at least one week. But more than worrying about our own fate, we are thinking above all of the Chinese populations terribly affected by the situation, in terms of health care, psychological stress and economical disaster. Let us hope that concrete solutions will be found quickly, even if for the moment there seems to be little hope of a rapid stabilisation of the situation.

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10 février 2020 1 10 /02 /février /2020 13:32

En tant que Spiritain (de la Congrégation du Saint Esprit), je trouve que c’est un devoir et une joie de pouvoir faire connaitre le Saint Esprit dans notre Eglise où beaucoup de gens connaissent mieux qui est Jésus ou qui est son Père. Le Saint Esprit, reste pour beaucoup Quelqu’un de mystérieux. Il y a pourtant beaucoup de choses à dire sur sa présence dans l’Eglise. Il est la source de la Sagesse ; Il nous aide à faire des choix, nous rend fort dans les difficultés, nous apprend à dire non à ce qui n’est pas la volonté de Dieu, il nous rend fort pour aimer,… J’ai déjà donné des retraite à maintes reprises sur l’Esprit Saint. Cette fois-ci, c’est avec mes six novices que nous avons eu ce thème au cours de la retraite que je leur ai donnée chez les Salésiens de K’Long. L’endroit était magnifique et le climat hyper agréable.

 

 

Un Tết vécu localement dans la bonne humeur malgré les terribles nouvelles de notre grande voisine, la Chine.
Un Tết vécu localement dans la bonne humeur malgré les terribles nouvelles de notre grande voisine, la Chine.
Un Tết vécu localement dans la bonne humeur malgré les terribles nouvelles de notre grande voisine, la Chine.

Après cette halte spirituelle, nous avons fêté comme il se doit le Nouvel An en visitant deux des familles des novices à Dalat et à Nha Trang ainsi que d’autres communautés et familles sur le chemin, en longeant la cote de Nha Trang à Saigon en passant par Vung Tau. Huit jours de visite dans la joie et la bonne humeur si typique des Vietnamiens. Nous surveillions malgré tout les nouvelles en provenance de Chine mais étant avec les locaux plutôt qu’avec les touristes, nous n’étions pas stressés outre mesure. A l’heure où j’écris, au 14ème jour du nouvel an, la situation semble toujours objectivement sous contrôle mais les gens sont déjà bien plus stressés qu’avant, surtout à Saigon (à 45km de chez nous), où les restaurants, les grands magasins, l’aéroport et autres lieux habituellement très fréquentés sont déserts. La ville tourne à disons 40% de son régime habituel. Les écoles et universités qui devaient reprendre après les vacances du Têt il y a une semaine sont encore fermées pour une a priori une semaine encore sans certitude. Mais plus que de nous inquiéter de notre propre sort, nous pensons surtout aux populations chinoises terriblement affectées par la situation, tant au niveau médical que psychologique et économique. Espérons que des solutions concrètes vont voir le jour rapidement, même si pour le moment l’espoir d’une stabilisation rapide de la situation semble bien mince.

Un Tết vécu localement dans la bonne humeur malgré les terribles nouvelles de notre grande voisine, la Chine.
Un Tết vécu localement dans la bonne humeur malgré les terribles nouvelles de notre grande voisine, la Chine.
Un Tết vécu localement dans la bonne humeur malgré les terribles nouvelles de notre grande voisine, la Chine.
Un Tết vécu localement dans la bonne humeur malgré les terribles nouvelles de notre grande voisine, la Chine.
Un Tết vécu localement dans la bonne humeur malgré les terribles nouvelles de notre grande voisine, la Chine.
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7 janvier 2020 2 07 /01 /janvier /2020 03:59

L’avantage, quand on habite au Vietnam, c’est que l’on n’est jamais en retard pour son courrier de Nouvel An, vu que selon le calendrier lunaire en usage en Asie Du Sud-Est, nous fêterons le Nouvel An le 25 janvier…

Au mois de Juillet 2019, après une année passée à l’autre bout du monde, en Belgique et en Bolivie, j’ai repris mon travail de formateur au noviciat du Vietnam. J’avais commencé avec sept novices mais au bout de trois semaines, un de mes novices s’est rendu compte qu’il n’était pas dans sa voie et à demander à nous quitter. Les six novices restants sont motivés et ont une maturité qui fait plaisir à voir. J’essaie toujours de maintenir l’équilibre du noviciat entre vie de  prière, cours sur l’histoire et la spiritualité de notre congrégation, détente, travail au jardin et travail auprès plus pauvres. Les nombreuses visites et activités à l’extérieur, souvent à l’improviste, ne favorisent pas toujours un rythme tourné vers l’intérieur, vers le spirituel. Il y a toujours un équilibre à trouver entre la vie intérieure et les engagements extérieurs, je pense que c’est le cas de tout un chacun, que l’on soit missionnaire ou pas.

accueil de groupes, travail au jardin, cours, les activités ne font pas défaut au noviciat.
accueil de groupes, travail au jardin, cours, les activités ne font pas défaut au noviciat.
accueil de groupes, travail au jardin, cours, les activités ne font pas défaut au noviciat.

accueil de groupes, travail au jardin, cours, les activités ne font pas défaut au noviciat.

Au quotidien, le rythme très régulier du noviciat (cinq temps de prière par jour, les cours, les activités fixes de la semaine) ainsi que le lever matinal (4h15 ou 5h15 selon que la messe soit dite à la maison ou chez les sœurs) exigent du formateur que je suis d’accepter ces contraintes de la vie d’une communauté de formation. Mais pour chaque groupe de jeunes que j’ai formé, il y a la profonde satisfaction de leur permettre de se préparer à une vie certes exigeante mais pleine de sens, de donner leur vie pour Dieu et pour les gens qu’ils serviront aux quatre coins du monde. Cette satisfaction a pris un gout plus savoureux cette année puisque nous venons de célébrer l’ordination diaconale de notre premier groupe de jeunes en formation entré chez nous il y a douze ans. J’avais d’ailleurs été leur formateur en philosophie de 2010 à 2012. Dans huit mois environ, ils seront prêtres et ils ont déjà reçu leur pays de mission. Ils partiront aux quatre coins du monde, qui en Afrique, qui en Europe, qui en Amérique et qui en Asie. Leur joie est naturellement teintée d’un peu de stress ; ils se demandent s’ils seront à la hauteur et s’ils trouveront leur bonheur dans la vie missionnaire. Nous leurs faisons confiance, ils s’adapteront comme nous avant eux. Leur ordination diaconale a été vécue aussi comme un moment très enthousiasmant pour les 42 autres jeunes en formation qui espèrent arriver à cette étape mémorable de leur formation à la vie missionnaire.

L'ordination de nos six premiers diacres, une joie et une fierté dignement célébrée.
L'ordination de nos six premiers diacres, une joie et une fierté dignement célébrée.L'ordination de nos six premiers diacres, une joie et une fierté dignement célébrée.
L'ordination de nos six premiers diacres, une joie et une fierté dignement célébrée.

L'ordination de nos six premiers diacres, une joie et une fierté dignement célébrée.

Avant mon retour au Vietnam, début juin 2019, vu la santé très déclinante de ma maman, je lui avait dit au-revoir sans savoir si je la reverrais. A la mi-novembre, j’ai du revenir auprès d’elle en urgence. Nous pensions que maman était proche de la fin mais elle a retrouvé des forces assez rapidement. Elle reste nnéanmoins hospitalisée en soins palliatifs. J’en ai profité pour passer trois semaines en Belgique auprès des miens. La vie missionnaire implique notamment le sacrifice d’être loin de la famille et des parents lorsqu’ils vieillissent. C’est une préoccupation de bien des gens de ma génération. Ma maman nous impressionne par sa sérénité et sa bonne humeur. Cela facilite grandement la difficulté de l’éloignement.

La bonne humeur, signe d'une vocation épanouie...
La bonne humeur, signe d'une vocation épanouie...

La bonne humeur, signe d'une vocation épanouie...

Pour ce qui est de l’avenir de ma mission, en principe j’aimerais terminer mon engagement comme formateur à l’été 2021 mais trouver un remplaçant qui ait de l’expérience dans la vie missionnaire, la maturité requise et la disponibilité pour travailler dans la formation n’est pas chose aisée. L’important pour moi est de rester flexible et d’être prêt à continuer de servir au Vietnam le temps que le groupe vietnamien trouve sa stabilité. Les choses avancent mais il faut être patient. Je vous souhaite à tous une belle année 2020, que le Seigneur vous comble de sa tendresse et vous donne d’être unis dans vos familles et communautés. Je prie pour vous. Amitié, père Fred (Cha Hòa)

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7 janvier 2020 2 07 /01 /janvier /2020 03:33

The advantage, when you live in Vietnam, is that you are never late to send your greetings for your New Year, since according to the lunar calendar used in Southeast Asia, New Year's Day will fall on January 25...

In July 2019, after a year spent on the other side of the world, in Belgium and Bolivia, I resumed my work as formator at the novitiate in Vietnam. I had started with seven novices but after three weeks, one of my novices realized that he did not feel called to religious life and asked to leave us. The remaining six novices are motivated and have a good maturity that facilitates the discernment process. In the novitiate, I always try to maintain the balance between prayer life, courses on the history and spirituality of our congregation, relaxation, work in the garden and work with the poor. The many visits and activities outside, often unscheduled, do not always favour a spirit of recollection and meditation. There is always a balance to be found between the interior life and the external commitments, I think that this is the case for everyone, whether one is a missionary or not.

Life in the novitiate: seminars for our aspirants and postulants, gardening,...
Life in the novitiate: seminars for our aspirants and postulants, gardening,...
Life in the novitiate: seminars for our aspirants and postulants, gardening,...

Life in the novitiate: seminars for our aspirants and postulants, gardening,...

The life in the novitiate is regular. We pray five times a day, we have classes and other regular activities during the week. We wake up very early (4:15 or 5:15 depending on whether Mass is said at home or at the sisters' house). This regularity, as formator, I have to accept it and even foster it for the sake of the brothers I am in charge of. The main reward of my work is the fact that I prepare young men for a demanding but meaningful life, orientated to God and to the people they will serve wherever they will be sent. This satisfaction became obvious this year since on the 3d of January, we celebrated the ordination to the diaconate of our first group of brothers who joined our congregation twelve years ago. I had been their formator in philosophy from 2010 to 2012. In about eight months, they will be priests and they have already received their mission country assignment. They will be sent to four continents: Africa, Europe, America and Asia. Their joy is naturally tinged with a little stress; they wonder if they will be up to the task and if they will find their happiness in missionary life. My conviction is that they will adapt to their new country of mission as we did before them. Their ordination to the diaconate was also experienced as a very exciting moment for the other 42 young people in formation who hope to reach this memorable stage of their formation to missionary life.

6 new ordained deacons, so proud of them !6 new ordained deacons, so proud of them !
6 new ordained deacons, so proud of them !
6 new ordained deacons, so proud of them !6 new ordained deacons, so proud of them !

6 new ordained deacons, so proud of them !

Before my return to Vietnam at the beginning of June 2019, given my mother's declining health, I said goodbye to her without knowing if I would see her again. In mid-November, I had to return to Belgium urgently. We thought my mother was close to the end but she regained strength quite quickly. Still at the hospital, my mother impresses us with her serenity and good mood. After spending three weeks in Belgium with my family, I had to return to Vietnam. Missionary life includes the sacrifice of being away from family and parents as they grow older. This is a concern for many people of my generation.

Vietnamese brothers in Kenya, Kenyan brother in Vietnam, such a wonderful exchange!!!
Vietnamese brothers in Kenya, Kenyan brother in Vietnam, such a wonderful exchange!!!
Vietnamese brothers in Kenya, Kenyan brother in Vietnam, such a wonderful exchange!!!

Vietnamese brothers in Kenya, Kenyan brother in Vietnam, such a wonderful exchange!!!

As for the future of my mission, I plan to finish my commitment as formator in Summer 2021 but finding somebody that could replace me as formator is not easy. A formator needs to be experienced in missionary life, to be mature and available to work in formation... The important thing for me is to remain flexible and to be ready to continue serving in Vietnam until the Vietnamese group finds its stability. Things are moving forward but I have to be patient. I wish you all a nice year 2020. May the Lord fill you with His tenderness and give harmony in your families and communities. I pray for you.

United, Father Fred (Cha Hòa)

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English - Français blog !!!

A blog written in Vietnamese? Not for now...Anyway, the articles published in this blog are usually in English and in French. Up to you to choose your language!

A quand un blog en Vietnamien?... Ce n'est pas pour demain, mais les articles publiés sur ce blog sont généralement et en Français et en Anglais... A vous de choisir...

La Providence passe par vous.

sm vn

La mission n'est possible que grâce à vous: soutien aux pauvres (1), y compris le parrainage scolaire, aux jeunes en formation (2), à la communauté (3), à la construction du séminaire à Manille (4), nous comptons sur votre aide! Une aide si modeste qu'elle soit, c'est important et encourageant !

- Pour nous aider de Belgique ou de l Etranger: Compte de Frédéric Rossignol chez BNP Paribas Fortis :
BIC : GEBABEBB            IBAN : BE59 0014 7732 2326



Rem: En l'état actuel des choses, il nous est impossible de vous donner une attestation fiscale.